Mattéo (Arnas – Rhône, 2002) est triathlète français et vit avec l’autisme, une réalité qui l’a longtemps tenu à distance du monde extérieur. Grâce à l’amour, à la patience et à l’expérience sportive de son père Frédéric (Roanne – Loire, 1974), ancien cycliste de haut niveau et coureur de plus de 50 marathons (RP: 2h32), le sport est devenu bien plus qu’un simple outil d’entraînement: il a changé sa vie. Ensemble, ils ont repoussé les limites que beaucoup pensaient infranchissables, et peut-être que dans la solitude du sport d’endurance, dans ces heures longues et répétitives, Mattéo a trouvé ce qui lui manquait le plus : le calme, l’équilibre, et une forme de bonheur.


Mattéo et Frédéric au marathon de Boston (2023)

Mattéo et Frédéric… à quoi ressemble une jornée type pour le Team Ruberti?

[Frédéric…] C’est levé vers 6am. On prend le petit déjeuner ensemble, je lis et je réponds aux messages sur les réseaux sociaux. Ensuite, comme Mattéo a un coach (Patrick Bringer) qui lui envoie toutes les semaines un programme, je programme sa montre Polar pour son entraînement running, ou je lui retranscris avec ses mots sur un papier son entraînement home trainer. Il m’arrive aussi de lui tracer un parcours GPS pour ne pas qu’il se perde quand c’est son grand-père qui le suit en voiture.

Je pars au travail pendant que Mattéo fait son premier entraînement de la journée. À midi, on mange ensemble et je réponds à quelques mails. L’après-midi, retour au boulot pendant qu’il fait son deuxième entraînement. Le soir, en principe je le consacre à la recherche de sponsors et à l’envoi des dossiers, mais des fois je dois également l’emmener à la piscine pour son troisième entraînement.

Les journées sont bien remplies et laissent peu de place pour autre chose. La recherche de partenaires me prend énormément de temps. C’est sûr que si je lui trouvais le gros partenaire qui lui assure ses saisons, sans se soucier de savoir si on aura le budget pour telle ou telle course, ça me soulagerait grandement.

Frédéric… Pour que nous puissions bien comprendre le contexte de votre histoire, à quoi ressemblait une journée normale à la maison quand Mattéo avait 12 ans?

Une journée pour lui, c’était surtout rester dans sa chambre devant des dessins animés, ou à jouer à la console de jeux. Il ne s’intéressait pas à grand chose, il restait enfermé dans sa chambre. Il sortait de sa chambre juste pour venir manger. Je n’avais pas beaucoup d’interactions avec lui et cela me pesait. J’avais envi que l’on partage quelque chose, c’est pour cela que je lui ai fait découvrir le tandem.

Mattéo… Quels souvenirs gardes-tu de ton enfance? Étais-tu déjà passionné par le sport?

Quand j’étais tout petit, je ne faisais pas de sport, je n’aimais pas ça. J’avais essayé le vélo dans un club, mais je ne pouvais pas aller sur la route avec les autres enfants, j’avais trop peur. J’avais peur des voitures, des descentes, de ne pas arriver à freiner. Je n’avais pas beaucoup d’équilibre.

Même pour descendre des escaliers, c’était compliqué, il fallait que je descende assis sur les fesses ou que je sois accroché au bras de quelqu’un. Petit, je n’aurais jamais pensé faire ce que je fais maintenant. Quand je vois ce que je suis devenu, je me dis que le sport m’a sauvé.

Frédéric… Quand les professionnels de santé t’ont proposé d’admettre Mattéo dans un institut pour personnes en situation de handicap mental, qu’as-tu pensé… et qu’est-ce qui t’a fait dire «non»?

À l’école où il était, on m’avait dit que pour l’année d’après, il n’y avait pas trop d’autres solutions que de le mettre dans un institut. On m’a conseillé d’aller le visiter, donc j’ai été visiter pour voir à quoi ça ressemblait. J’ai visité plusieurs classes où il y avait des élèves et je me suis dit non, ce n’est pas possible.

Si Mattéo rentre là-dedans, pour moi, ça va le tirer vers le bas au lieu de le tirer vers le haut. Là, j’ai dit hors de question. Faut que je le garde avec moi et il faut que j’essaye justement de l’ouvrir aux autres et de le faire progresser. Même si des parents n’ont pas d’autres solutions que de passer par un institut spécialisé, moi, je voulais tenter autre chose avant d’en arriver là et je pense que le chemin parcouru m’a donné raison.

Team Ruberti lors de l’une de leurs premières sorties en tandem

Mattéo… Vous avez commencé par faire du tandem à vélo… Que ressentais-tu face à tous ces stimuli : le vent, les bruits, les mouvements?

La première fois que j’ai essayé, j’avais peur, j’avais pas très bien confiance. Mais une fois que j’ai fait le tour en tandem, j’ai dit que je voulais réessayer.

[Frédéric ajoute:] Au début, il avait la trouille et puis moi aussi. Chez nous c’est très vallonné, des montées, des descentes. Dans les descentes, moi je penchais à droite puis il essayait de redresser le vélo pour aller à gauche, donc c’était assez dangereux. La première fois qu’il est monté dessus, il pleurait. Il a fallu 10 km, et au bout de 10 km c’était parti.

Frédéric… Tu as préparé Mattéo pour son premier grand défi sportif, le marathon de Los Angeles, à 16 ans. Quel a été le moment le plus difficile de ce premier apprentissage? Ce moment où tu as pensé «je me suis peut-être trompé»?

En fait non, je n’ai jamais pensé que je m’étais trompé en l’inscrivant au marathon de Los Angeles. Je lui avais fait faire une bonne petite préparation, il en avait quand même un peu bavé parce que je lui avais fait faire pas mal d’intensité. Mais de toute façon, le but n’était pas spécialement de faire un chrono, c’était qu’il arrive au bout et qu’il voie qu’en fait, il peut faire les mêmes choses que les valides. J’espérais que ce marathon ça allait être le déclic pour lui.

Il l’a fait en 3h29, il a passé la ligne, il était pas du tout fatigué, il avait même pas eu mal aux jambes. L’après-midi, on est retourné faire peut-être pas loin de 10 km dans les rues de Los Angeles pour visiter. C’était hyper positif. Tout de suite, ça lui a montré ce qu’il était capable de faire et puis ça l’a rassuré. Je pense que toutes les barrières ont sauté après ça.

Pour des personnes autistes, je pense que leur donner des défis qui semblent inatteignables, c’est vraiment ce qui peut les tirer vers le haut et ne pas les enfermer dans une vie qui est déjà toute cadrée. Ils peuvent dépasser même des valides, faire mieux que des valides. Je pense que c’est un concept qui devrait être mis en place pour faire sortir de leur bulle certains autistes.

Mattéo… De ne pas pouvoir lâcher une main du guidon pour boire à terminer un Ironman, comment s’est déroulé ce processus ? Qu’est-ce qui a été le plus difficile à apprendre?

Le plus difficile, c’était peut-être dans ma tête, ne pas rentrer dans un obstacle. J’étais un peu craintif, surtout dans les descentes.

[Frédéric ajoute:] Il y a vraiment fallu tout prendre étape par étape. Il y a déjà fallu apprendre sur le vélo à passer du bas du guidon à la cocotte de frein en montée. Il y a eu lâcher une main pour aller chercher à manger, le bidon, se servir d’un guidon de triathlon. Ça a été quelque chose au début.

Moi, ancien cycliste, j’avais un vieux Spinaci Cinelli, tu sais, ceux que Claudio Chiappucci et Pantani se servaient, donc je lui avais mis ça sur son vélo. Il a commencé à mettre les mains un peu en avant, après on les a éloignés pour les mettre au bout, et puis on est passé au guidon de triathlon. Ça a été vraiment un processus qui a duré plusieurs années. C’était vraiment pas gagné au départ, même dans une descente en courant à pied, j’allais plus vite que lui en vélo.

Sprint Quiz à Mattéo Ruberti

Frédéric… Peux-tu nous donner des exemples concrets d’outils spécifiques ou de routines que tu as développés pour capter l’attention de Mattéo et effacer ses peurs?

On a beaucoup travaillé avec le capteur de puissance en vélo, parce qu’il lui faut des repères. Autrement, s’il a pas de repère, il ne va pas arriver à gérer les changements de rythme. Si c’est tout plat pendant longtemps et que son attention capte quelque chose d’autre au bord de la route, il va diminuer la vitesse, et puis peut-être que 15 km plus loin, il va se dire, mince il faut que j’accélère. Avec le capteur de puissance, on lui fait des plages bien précises, des watts à garder sur certaines portions.

En natation, il a des lunettes de la marque Form où il peut voir son allure, son temps, sa distance, ça défile dans ses lunettes. En course à pied, il a sa montre Polar où il voit son allure. Il a fallu mettre tout ça en place pour chaque discipline, avec des repères bien précis.

Pour le faire progresser, on a pris le temps de décortiquer tous les mouvements. Quand il pouvait passer de la main en bas du guidon à la main en haut, c’était de rouler en levant une main pendant 5 secondes, après pendant 10 secondes. Il a fallu apprendre à se mettre en danseuse, à relancer, à changer les vitesses, à freiner en même temps. Tout a été décortiqué pendant toutes ces années pour l’amener où il est maintenant.

Mattéo… Tu es passé de ce premier marathon en 3h29 en 2018 à Los Angeles à un temps de 2h41 au marathon de Paris en 2024. Avec cette progression, sentiez-vous qu’un grand événement allait arriver ou viviez-vous au jour le jour?

En fait, j’ai cassé les barrières, je progresse énormément sur mes courses, petit à petit. Je casse encore les chronos. Et avec ça, j’ai pu énormément progresser dans toutes mes courses.

[Frédéric ajoute:] On s’est servi aussi des capteurs Supersapiens pour la nutrition en course. Il pouvait voir quand ça descendait en dessous d’un certain taux de glucose, il savait qu’il fallait qu’il mange. Maintenant, toutes les 40 minutes, il mange du glucose. On a tout millimétré. Parce que si on n’avait pas mis ça en place, je pense qu’il pouvait faire 3 heures sans mettre la main dans la poche.

Au marathon de Londres cette année, son plan d’entraînement était programmé pour faire moins de 2h35, et il est parti comme une balle. Moi je lui criais de ralentir mais il ne m’a pas écouté et il passe au semi en 1h16. Il passe la ligne en 2h42. Il a craqué mais pas trop non plus. Je pense que le but plus tard, ça va être d’essayer de passer sous les 2h30 un jour.

Frédéric… Mattéo participe à la fois à des compétitions adaptées et des compétitions « non-para ». Comment avez-vous géré cela, sur le plan sportif et humain?

En fait, des compétitions adaptées, il n’en fait pas, ça n’existe pas en triathlon, du moins pas en France. Donc chaque fois c’est avec les valides. Il y a que pour le championnat de France paratriathlon, qu’il a gagné en 2025 pour la troisième fois d’affilée. Mais toute l’année autrement, il est avec les valides.

Même sur Ironman, au début je l’avais inscrit en para, c’est sur invitation. Sauf qu’une fois le triathlon terminé, ils n’apparaissent plus dans le classement, ils les effacent. Donc pour lui ce n’était pas intéressant vu les performances qu’il arrive à faire. Depuis 2024, je l’inscrire avec les valides en groupe d’âge pour qu’il tente sa chance et qu’il essaye d’obtenir sa sélection pour le championnat du monde avec les valides et pouvoir rester dans le classement.

Le problème, quand Mattéo est inscrit en valide sur Ironman, c’est qu’il n’a pas le droit d’avoir un soutien dans le parc à vélo. Pourtant, il a besoin de repères et d’aide pour retrouver son vélo et préparer son matériel le matin de la course, surtout avec le bruit et l’agitation du parc. Certains arbitres acceptent qu’on l’aide, d’autres refusent, ce qui complique son apprentissage et sa sécurité. Ironman devrait revoir ce règlement, surtout que d’autres situations autorisent l’aide. Même s’il fait de très bonnes performances avec les valides, Mattéo reste différent.

Mattéo… En 2023, tu deviens champion de France de paratriathlon, dans la catégorie PTS7, titre que tu conserves en 2024 et 2025. Que signifient pour toi ces titres nationaux?

Pour moi, c’est un immense honneur, ça fait plaisir de recevoir un titre. Mais je pense aussi que c’est pour donner peut-être un peu d’espoir aux personnes comme moi, handicapées, leur montrer qu’ils peuvent aussi franchir leur limite. Pour moi c’est un pur bonheur de recevoir ce titre.

Frédéric… Ton fils est devenu en 2024 la première personne en situation de handicap à se qualifier et à participer à un championnat du monde Ironman 70.3, à Taupo, en Nouvelle-Zélande. Comment as-tu vécu ce succès dans une compétition « non-para », où il affronte d’autres athlètes de son âge?

C’était carrément une surprise parce que c’était le premier triathlon qu’il allait faire sans moi en tant que guide handisport. Quand il s’est sélectionné à l’Ironman 70.3 d’Aix-en-Provence, il n’avait jamais fait un triathlon tout seul, donc c’était même pas prévu qu’il se sélectionne. C’était surtout pour découvrir ce qu’il allait pouvoir être capable de faire tout seul. Il a super bien couru, il a pris la douzième place des 18-24 ans et en prime, il a réussi à avoir sa sélection. C’était que du bonus.

C’est peut-être été aussi, après Los Angeles, un deuxième cap dans le triathlon où il s’est dit “ça peut matcher si je le prends vraiment au sérieux.” Jusqu’à ce moment-là, il s’entraînait sérieusement mais je pense qu’il n’avait pas pris conscience de tout le potentiel qu’il pouvait avoir. Depuis sa sélection, je pense qu’il a vraiment pris conscience qu’il pouvait jouer des premiers rôles sur des grands triathlons.

La seule chose que je regrette, c’est que ça ne soit pas assez médiatisé pour les partenaires. Avec cet accomplissement, il y en a plein qui nous ont dit « les sponsors vont être intéressés ». Mais malgré tous ces bons résultats, rien ne bouge.

Heureusement, des entreprises locales nous soutiennent pour nous permettre d’avoir un beau calendrier de compétitions, et des grandes marques comme Felt nous soutiennent au niveau matériel, mais nous avons perdu notre équipementier running pour 2026 parce que Mattéo ne rentre pas dans la catégorie des athlètes paralympiques. C’est dommage car il reste un cas unique, qui véhicule une image positive et pleine d’espoirs. Sans son handicap, il serait peut-être à se battre avec les professionnels. Je dis souvent que c’est le Sam Laidlow du handisport. Alors on croise les doigts.

Mattéo… En 2025, tu vas encore plus loin en remportant ta catégorie d’âge à l’Ironman d’Afrique du Sud, te qualifiant pour le championnat du monde Ironman de Nice, devenant à nouveau la première personne en situation de handicap à y parvenir. Cependant, ce mondial à Nice a été difficile. Raconte-nous comment s’est déroulée la compétition et ce que tu en as appris ce jour-là.

La course en Afrique du Sud s’est super bien passée. À Nice, ce qui m’a ralenti en vélo, c’est que j’avais vu une personne qui a chuté en descente, qui s’est pris un mur. D’un coup j’ai flippé et j’ai ralenti pendant les descentes. Je me suis plutôt bien débrouillé au premier semi, mais j’ai craqué au deuxième semi.

[Frédéric ajoute:] La natation s’est très bien passée, il a fait une très belle natation. En vélo, il est remonté à la 26e place avant d’attaquer la dernière descente. Comme il a dit, il a vu quelqu’un qui s’est tapé un mur dans la descente, donc il a eu peur. Après il a perdu plus de 15 minutes pour retourner à Nice.

Je pense que le fait qu’il ait vu cette personne, lui a fait oublier de prendre le dernier ravito. Quand il est parti en course à pied, il a pris son ravito après 40 minutes, mais il en manquait un au milieu. Jusqu’au premier semi, il était super bien, il remontait des places, il allait rentrer dans les 20 premiers. Après il a fait une hypoglycémie, il a fini vraiment dans le dur. C’est ce moment où il a oublié de prendre un ravitaillement qui l’a pénalisé et a terminé 31ème dans sa catégorie d’âge.

Mattéo à l’arrivée du Championnat du Monde Ironman (Nice 2025)

Frédéric… Mattéo a obtenu les diplômes CAP, BEP et BAC professionnel paysagiste. Le permis de conduire du premier coup. Il y a 11 ans, cela était inimaginable. Quelle a été la réaction de la communauté autiste face à votre histoire ? Que vous disent-ils?

On n’a pas trop de retour. On a l’association AFG Autisme, qui nous suit depuis deux ans et qui nous a permis d’aller au championnat du monde à Taupo parce qu’au dernier moment on nous a lâché. Eux nous ont aidés à rassembler le budget. Mattéo a le logo de AFG Autisme sur sa trifonction pour les remercier. Ils prennent souvent des nouvelles et suivent Mattéo de près parce qu’ils trouvent ça génial.

Mais à côté de ça, les autres associations pour personnes autistes ne s’intéresse pas vraiment à lui. Moi je suis le premier surpris qu’il y ait pas des personnes qui veulent se servir de son image pour dire “les autistes, ce n’est pas que des personnes enfermées dans une pièce, dans leur monde, ils sont capables de grandes choses”.

AFG Autisme est vraiment derrière nous et prêt à nous aider quand on a des coups durs, notamment financiers pour aller sur des grandes compétitions. Eux trouvent que ce que fait Mattéo c’est génial et ça devrait être plus médiatisé.

Mattéo… Aujourd’hui, tu donnes des interviews, tu interagis avec les médias, tu vas vers les gens. Comment le sport a-t-il changé ta relation avec le monde extérieur?

Le sport m’a carrément changé, ça m’a aidé. Avant, j’avais pas du tout confiance en moi, j’avais des doutes, j’avais des problèmes. Aujourd’hui le sport m’a beaucoup aidé. Ça m’a transformé. C’est grâce à ça que j’ai confiance en moi et que j’en suis arrivé là. Je vais vers les gens maintenant, même si ce n’est pas toujours facile pour moi de trouver les bons mots.

Frédéric… Quels sont tes plus grands peurs et tes plus grands souhaits pour l’avenir de Mattéo?

Mes plus grandes peurs, quand on est sur une compétition, c’est pendant la partie vélo. Je suis tout le temps sur l’application Ironman à regarder où il est. Dès que je vois que le tracker s’arrête, parce que des fois ça bug, je vis plus. J’ai un soulagement quand il pose le vélo parce que j’ai toujours peur de la chute, d’un problème mécanique qu’il sache pas réparer.

Pour l’avenir, ma plus grande peur c’est de pas arriver à lui trouver des partenaires qui pourraient le soutenir financièrement pour qu’il aille faire les plus grandes courses au monde. Je suis incapable de dire où il peut s’arrêter. Je pense qu’il a une marge de progression encore immense. La seule chose qui pourrait l’arrêter prématurément, ça serait qu’on ne trouve pas de sponsors et que financièrement ça suive pas. Moi je n’ai qu’un salaire normal, donc c’est impossible que moi tout seul j’y arrive, d’autant plus, que Mattéo a également une petite sœur.

Le triathlon, ça coûte énormément cher. Le souci c’est que tout est multiplié par deux, (billets d’avion, transports de vélo, …) parce qu’il peut pas partir tout seul. Mon souhait pour lui, c’est qu’il se sélectionne pour Ironman WC Kona en 2026, ça sera sa dernière année en 18-24 ans. Et qu’un jour il arrive à faire les Jeux paralympiques, que cette catégorie soit créée. Je lui souhaite que ça dure le plus longtemps possible parce qu’il adore ça, il se fait vraiment plaisir. Il s’est vraiment trouvé dans le triathlon.

Mattéo a été relayeur de la torche olympique à Paris 2024

Mattéo… Quels rêves te restent-il en tant qu’athlète ? Comment les Jeux Paralympiques et les compétitions non-para s’intègrent-ils aujourd’hui dans ta vision de l’avenir?

Mon rêve, c’est comme a dit papa, je voudrais participer aux Jeux paralympiques. J’espère que le triathlon sera reconnu pour une catégorie spéciale paralympique pour les Jeux olympiques.

[Frédéric ajoute:] À côté du triathlon, il va finir aussi les six majeurs, les marathons. Ça fait deux-trois ans, on n’arrive pas à aller à Tokyo, on n’est jamais tiré au sort. Tokyo, c’est vraiment celui qui lui manque pour les finir. Maintenant ils ont rajouté Sydney. Il y a aussi ce projet de finir les six majeurs. Et puis pourquoi pas un jour descendre sous les 2h30.

Frédéric et Mattéo… De tout ce parcours de 11 ans, en tant que Team Ruberti, si vous deviez choisir un seul moment, un lieu, une image… lequel serait-ce?

[Mattéo:] La première sortie en tandem. C’est ça qui m’a fait décoller dans la vie sportive.

[Frédéric:] Moi, je dirais cette année quand il était sur le podium en l’Ironman d’Afrique du Sud et qu’il a reçu son trophée. J’ai vu qu’il était vraiment heureux et que pour lui c’était un grand moment, une grande reconnaissance.

HALF DISTANCE (113k – 70.3 miles)